On n'est rien qu'une image

Quelques coupures dans l'espace-temps de ma vie ...

31 juillet 2007

Bergman

Je n'écris plus beaucoup sur mon blog. Nonobstant, je ne pouvais pas me contenter d'un" no comment" ou d'une simple photo face à la mort de Bergman.

Il était vieux. Il ne tournait plus. Et pourtant, c’était si rassurant de l’imaginer seul sur son île, contemplatif, ermite pessimiste, cinéaste de l’absence de Dieu, artiste du douloureux. Un des derniers vestiges de ce qu’a fût le cinéma, un certain cinéma. Celui qui fait frissonner l’âme. Celui que touche les strates les plus profondes de l’être. Ce cinéma qui ne nous laisse pas indemne. L’expérience esthétique comme claque à nos vies étriquées.

Et cette faucheuse, ce Spectre, celui là même du 7ème Sceau a emporté le génie du 7ème art.

C’était lundi au début d’après-midi. J’arrive au bureau l’esprit brumeux, excès de Paléo. J’allume l’ordinateur. Je commence par survoler mes emails (professionnelles … évidemment !!!) puis je glisse sur le site d’un de nos quotidiens (non ce n’est pas le Matin !!!). La nouvelle de la mort de Bergman fait le gros titre.

C’est un flux d’images qui entre dans ma tête. Tants de films où je ne suis pas ressorti indemne. Tants de scènes se mélange dans mon esprit. C’est « le Silence » incarnation même du langage cinématographique. Ce mystérieux hôtel qui fait tomber le voile sur cette absolue solitude de l’être. C’est la fameuse scène du cercueil dans « les fraises sauvages ». C’est le 7ème sceau et sa partie d’échec, Fanny et Alexandre, Cris et chuchotements, Scènes de la vie conjugale, Persona … Bergman a su créé par ses images un chemin particulier dans la psyché humaine, bousculer notre esprit, toucher à l’universel, là où normalement seul quelques rares écrivains savent nous conduire. Mettre le doigt là où ça fait mal. Bergman faisait partie des ses très rares cinéastes capable d’être reconnu presque instantanément. Cette manière unique de filmer, mais bien plus que cela, il y avait cette « sensation » innommable que l’on retrouvait toujours après quelques minutes de projection. La signature du génie. L’empreinte indélébile du Maître.

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Posté par Nadar à 23:48 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

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